Un peu d’histoire

Maslives est un mot probablement d’origine gauloise, à rapprocher du village voisin Montlivault camp (gaulois ou romain) surplombant la Loire. La signification exacte n’en est pas connue et l’orthographe ne se fixe qu’au début du XXe siècle.

Une ancienne voie romaine passait entre Montlivault et Maslives : « le chemin chaussée ». Il s’agit du chemin rural n°9 en limite des communes de Maslives et Montlivault. Il n’est pas exclu que Jeanne d’Arc ait emprunté cet itinéraire en 1429, accompagnant un convoi de ravitaillement qui se dirigeait de Blois vers le siège d’Orléans en traversant la Sologne.

Au XVème siècle, Maslives dépendait de la paroisse de Saint-Dyé (cela explique le nom de la porte du parc de Chambord, situé sur la commune de Maslives mais dite « porte de Saint-Dyé ») et avait une chapelle dédiée à Saint Martin, construite par ses habitants. Elle était très modeste, quatre murs en terre, sans lambris au plafond, sans plancher et avec un autel adossé au pignon du levant et sans tabernacle.

 

 

Il n’existe pas de document permettant de dater la construction de la première chapelle Saint-Martin, ni ses agrandissements et embellissements. Elle se trouvait située à l’angle du chemin vicinal de Montlivault à Chambord devenu rue de Chambord, et de la rue du bout d’Abas à présent nommée rue de la Taille Meury.

 

En l’an 1679, le cimetière est installé à côté de l’église, sur l’actuelle Place Saint-Martin, dans un espace d’abord enclos de haies puis de murailles. Trop exigu et posant des problèmes d’hygiène, il est transféré du milieu du bourg vers la route de l’Écuelle en 1891.

En 1930, l’église, qui menace de s’écrouler, est fermée. En 1934, l’église est en ruines et le 20 juillet le clocher s’effondre. Après avis de l’architecte, le conseil municipal décide alors de démolir l’église afin de garantir la sécurité publique. Le seuil et les fondations de l’église demeurent visibles dans le jardin de la maison de l’angle de la rue.

Les cloches auraient été emportées à Mont-près-Chambord après l’écroulement. L’église Saint-Martin de Maslives en avait reçu deux en 1680. Personnes importantes de la paroisse, les cloches recevaient des prénoms. A Maslives, ceux de nobles locaux, de Johanne de la Carre de Saumery. La première était baptisée « Jean-Baptiste Louise » le 7 juin, la seconde « Jean-Baptiste Marie » le 21 septembre.

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En 1654, les habitants des hameaux de Malives, Boisse, l’Escuelle, Boismasson et métairie l’Ormetrou adressent leurs remontrances à Louis, Roi de France et de Navarre. Fort éloignés de Saint-Dyé et les chemins presque inaccessibles surtout en hiver, ils se plaignaient de l’éloignement de l’église causant des accidents considérables, enfants morts sans sacrement de baptême et plusieurs habitants sans recevoir l’extrême onction. En outre, ils constatent que les collecteurs d’impôt de la paroisse de Saint-Dyé favorisent les habitants de leur village. Les citadins se défendent avec acharnement mais la surtaxation des laboureurs est bien là.

Le processus de séparation va durer 26 ans, de 1657 à 1683. Après enquête et visite du Seigneur Évêque de Chartres, le 12 novembre 1678 l’église et paroisse de Saint-Dyé est séparée de l’église Saint-Martin de Maslives. Maslives sera régie et gouvernée à l’avenir par un curé titulaire et la chapelle Saint-Martin est érigée en paroisse. Le 23 mai 1681, des collecteurs pour la levée de la taille sont nommés pour la commune de Maslives qui devient indépendante par arrêt du conseil du roi le 19 décembre 1682. En janvier 1683, Louis XIV accorde à Maslives des lettres patentes, en faisant la paroisse Saint-Martin de Maslives.

En janvier 1683, Louis XIV accordait à Maslives des lettres patentes en faisant la paroisse Saint-Martin de Maslives, indépendante de Saint-Dyé dont elle était auparavant un faubourg.

Les protestations des habitants, qui avaient du mal à rejoindre l’église par mauvais temps et qui s’estimaient lésés par la répartition fiscale, ont sans doute été entendues par Colbert qui avait alliance avec les familles de Saumery et de Ménars, et il en aurait inspiré la rédaction.

Les lettres patentes ont d’abord été conservées à l’église, comme c’était alors le cas des documents officiels, puis à la mairie avec la révolution et l’apparition des communes. Elles y ont été soigneusement rangées, pliées dans une petite boite. Elles n’étaient que rarement exhibées en l’honneur de visiteurs de marque et présentées aux enfants de l’école une fois l’an.

Déclarées perdues au début de ce siècle, les lettres patentes ont été redécouvertes dans les archives municipales fin 2021. Elles ont aussitôt été confiées aux Archives Départementales qui ont procédé à une restauration importante et urgente. L’original, propriété de la commune, est aujourd’hui conservé dans leurs locaux, dans des conditions dignes de ce document historique.

Un très beau fac-similé a été réalisé et les lettres patentes sont rendues aux habitants, visibles à l’accueil de la mairie.

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En 1790, dans le cadre de la création des départements, la commune est rattachée au canton de Bracieux et au district de Blois.

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